Les portes des prisons civiles du Togo se sont largement ouvertes ce matin, marquant un tournant d’espoir pour plus de mille cinq cent onze (1 511) détenus ayant bénéficié de la grâce présidentielle accordée par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. Cette mesure humanitaire, saluée par de nombreux acteurs du monde carcéral, s’inscrit dans la volonté des autorités de promouvoir la cohésion sociale, la tolérance le vivre ensemble et de désengorger les établissements pénitentiaires.
À Lomé, la mise en œuvre effective de cette décision a été supervisée par le directeur de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion (DAPR), monsieur Idrissou Akibou, en présence de plusieurs personnalités, notamment le directeur des affaires pénales et des grâces, monsieur Tossa Amouzou Akohouegnon, le Commandant des surveillants de l’administration pénitentiaire, le Colonel Dadjo Ograbako, ainsi que le Président de l’association Solidarité Mondiale pour les Personnes Démunies et les Détenues (SMPDD), monsieur Coco de Koffi Woenagnon.
S’adressant aux détenus fraîchement libérés, le DAPR a transmis les vœux de Nouvel An du Président du Conseil et de l’ensemble du gouvernement, tout en les exhortant à saisir cette nouvelle chance qui leur est offerte.
« Prenez la vie du bon côté, car il y a une vie après la prison », a-t-il conseillé, appelant les bénéficiaires de la grâce à adopter des comportements responsables afin d’éviter toute récidive.
Dans un bref commentaire, monsieur Idrissou Akibou a tenu à saluer l’engagement personnel du Président du Conseil en faveur de l’humanisation du système pénitentiaire togolais.
Pour lui, cette grâce présidentielle traduit la volonté constante du Président du Conseil d’apporter des réponses concrètes aux défis du monde carcéral, en mettant l’accent sur la dignité humaine et la cohésion nationale.
Il a également invité les anciens détenus à prendre exemple sur monsieur Coco de Koffi Wonegnon, lui-même ancien pensionnaire de la prison civile de Lomé, devenu aujourd’hui un acteur de développement engagé dans la réinsertion sociale. À travers son association, la SMPDD, ce dernier œuvre activement pour l’accompagnement des ex-détenus vers une autonomie durable.
Prenant la parole, le Président de la SMPDD a souligné le travail de terrain effectué depuis l’annonce de la mesure de grâce présidentielle.
« Nous avons travaillé dans les quatorze prisons du pays et recensé 535 personnes, dont 250 à Lomé, qui bénéficieront de notre appui pour leur réinsertion professionnelle ou la mise en place d’activités génératrices de revenus », a-t-il expliqué.
Dans un message empreint de réalisme et d’encouragement, Monsieur Coco de Koffi Wonegnon a rappelé les défis de la liberté retrouvée tout en insistant sur la nécessité de persévérer :
« Dehors, c’est difficile, mais la prison n’est pas mieux. Il faut croire en soi et accepter de se battre honnêtement pour réussir. »
Il s’est par ailleurs réjoui des efforts consentis par le Président du Conseil en faveur de l’amélioration des conditions carcérales et de la prise en compte des préoccupations du monde pénitentiaire, estimant que cette grâce présidentielle constitue un signal fort en faveur de l’humanisation de la justice et de la réinsertion sociale au Togo.
Au-delà de la joie et de l’émotion suscitée par cette libération, la question des défis structurels du système carcéral togolais demeure centrale. Comment capitaliser la force de la jeunesse qui sommeil dans les prisons ? Que faire pour que la prison ne soit plus une fin en soi, mais une étape vers une véritable réintégration dans la société ? Tant de réponses restent en suspens.